La vie au Sleep-In du mois d’avril

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Nous vous laissons découvrir ci-dessous les nouvelles « La vie au Sleep-In » du mois d’avril 2019.

La vie au Sleep-In

À l’exception du dernier jour, le mois d’avril a été relativement calme. Un calme qui nous a permis de souffler un peu, d’écouter le dernier album de PNL mais surtout de prendre du temps pour accompagner les personnes qui fréquentent notre structure dans différentes démarches.

Nous postions sur Facebook il y a maintenant 3 semaines une recherche de fonds pour permettre à une famille de tenter un nouveau départ en France. Grâce à vos dons, nous venons d’apprendre que la famille est installée. Aux dernières nouvelles, madame a pu trouver un emploi, monsieur est toujours en recherche et leur enfant est désormais scolarisé. Merci à vous !

Solidarité toujours, d’anciens usager-ère-s de notre structure se sont cotisés afin de payer les différents sacs de couchage distribués aux personnes contraintes de dormir dehors cette année.

Comme chaque année, au mois d’avril, les structures d’urgence d’hiver ont fermé leurs portes. Cette année encore, l’Abri – l’Étape ainsi que le Répit ont donc arrêté leurs prestations au matin du 30 avril.. L’origine de cette « politique du thermomètre » remonte au 15 décembre 2001 et à la mort d’une femme dans les toilettes de Saint-François. Le choc provoqué par cette mort avait poussé les autorités de l’époque à ouvrir durant tout l’hiver une nouvelle structure, l’Abri, à la vallée de la jeunesse. Depuis, l’Abri – accompagné cette année par le Répit – ouvre de novembre à avril.

Si des structures supplémentaires sont ouvertes en hiver, cela prouve bien que la capacité n’est pas suffisante le reste de l’année. Pourtant, laisser dormir des personnes dehors d’avril à novembre ne semble pas poser problème. Comme dormir dehors est illégal, les personnes qui n’ont nulle part où dormir sont contraintes de se cacher. Elles se rendent par conséquent invisibles aux yeux de la population, des médias ainsi que des autorités politiques. Et tant qu’il n’y a pas de morts, ce phénomène n’a pas de visibilité. La politique actuelle vise donc essentiellement à éviter le scandale médiatique que causerait la mort d’une personne dormant dans la rue, mais ne cherche en rien à résoudre ce problème.

Récemment, le municipal lausannois en charge du social déclarait au conseil communal : «C’est le sujet qui m’empêche de dormir: de savoir que je n’ai pas de solution pour tout le monde.»[1][1] Hé bien, cet été encore, vos nuits vont être longues, Monsieur le municipal. Au soir du 30 avril, nous avons dû refuser 28 personnes. 28 personnes qui ont dû dormir dehors. 28 personnes, qui, elles, n’ont réellement pas dormi de la nuit. 28 personnes qui se sont fait réveiller, constamment, par la police qui leur a ordonné de partir. Mais partir où ? Quand il n’y a pas suffisamment de place pour dormir.

Témoin de la même problématique à Genève, un collectif d’associations s’est mobilisé suite à la fermeture des structures d’hiver pour ouvrir bénévolement la « Halte de nuit ». Cet espace accueille déjà plus de 100 personnes et permet à ses usager-ère-s de dormir à l’intérieur. Ce collectif, qui essaie de faire pression sur la ville de Genève pour qu’elle ouvre les structures d’urgence toute l’année, condamne cette politique du thermomètre. Il la condamne car dormir dehors, en hiver comme en été, ce n’est pas acceptable. Il la condamne car il est nécessaire d’en faire plus. Il la condamne car il ne faut pas attendre la mort d’une personne pour se décider à ouvrir de nouvelles structures. Il la condamne, comme nous, car « ce n’est pas le froid qui tue, c’est la rue ».

Finalement, nous avons appris avec tristesse qu’une personne qui a fréquenté notre structure pendant plusieurs mois s’est donnée la mort en prison. Toutes nos pensées vont pour ses proches.

Les chiffres de fréquentation du mois d’Avril:

  • 910 nuitées, ce qui représente une moyenne de 31 personnes par nuit. Parmi ces personnes, nous avons accueilli une moyenne de 5 femmes et 3 enfants par nuit.
  • La structure ayant été pleine pratiquement tous les soirs, des personnes se sont vues refuser l’accès au Sleep-in. Un total de 110 refus a été comptabilisé pour les mois d’Avril dont 28 (25%) pour le seul soir du 30 avril.
  • 23 nouvelles personnes se sont présentées à notre porte.

Point Presse de la rue

Article « Quel avenir pour la Halte de nuit? » de Sébastien Brunschwig : http://www.caritasge.ch/caritasge/actualites/medias/2019/quel-avenir-pour-la-halte-de-nuit-le-courrier

Article « Aliou Niang a trouvé une famille à Concordia » de Tim Guillemin : https://www.24heures.ch/sports/football-vaudois/aliou-niang-trouve-famille-concordia/story/27629677

Article « Sleep-In : un hébergement au goût du jour » de Xenia Villiers : https://lecourrier.ch/2019/04/29/sleep-in-un-hebergement-au-gout-du-jour/

Article « Au Sleep-In, on y passe aussi en journée » de Laurent Antonoff : https://www.24heures.ch/vaud-regions/lausanne-region/sleepin-journee/story/17596151

Article : « L’hygiène et les soins pour les démunis » de François Chéraz : https://www.reiso.org/document/4358

[1][1] https://www.24heures.ch/vaud-regions/lausanne-region/froid-sansabri-pourraient-manquer-lits/story/18240396

 

About the author: Thibaut Terrettaz

REL'IER Coordination de la Plateforme Seuil Bas